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Guide · Lean et agroalimentaire

Le Lean dans l'agroalimentaire : la ligne, les nettoyages et le poids

Une usine agroalimentaire ne ressemble pas à un atelier de mécanique : elle fabrique par lots, nettoie souvent, travaille sous des règles d'hygiène strictes et vend au poids. Les principes du restent les mêmes ; les endroits où se cachent les pertes changent, et l'un d'eux se compte en tonnes de matière donnée.

Par Dimitri Jacquin, le

Ce qui change dans une usine agroalimentaire

Le est né chez un constructeur automobile, mais ses principes ne parlent pas de voitures : faire avancer le produit sans attente, ne fabriquer que ce qui est demandé, et retirer tout ce qui n’apporte rien au client. Ils valent autant pour une biscuiterie ou une conserverie que pour un atelier de tôlerie.

Ce qui change, ce sont les contraintes autour :

  • On fabrique par lots ou en continu. Une cuve, un pétrin, un four tunnel : le produit ne se compte pas en pièces avant d’être conditionné.
  • On nettoie beaucoup. Entre deux recettes, entre deux allergènes, en fin de journée : le nettoyage prend une part du qu’aucune usine de mécanique ne connaît.
  • L’hygiène commande. Le règlement européen n° 852/2004 impose des procédures fondées sur les principes HACCP. Aucun chantier Lean ne passe au-dessus.
  • Le produit vieillit. Une date limite transforme un stock en perte, et un retard en .
  • On vend au poids. Chaque gramme mis au-dessus du poids annoncé est donné au client.

Ces contraintes ne rendent pas le Lean plus difficile. Elles disent où regarder en premier.

Le goulot est souvent la ligne de conditionnement

Dans beaucoup d’usines agroalimentaires, la fabrication du produit a de la marge, mais la ligne qui le met en sachet, en barquette ou en pot limite tout le reste. Remplisseuse, operculeuse, étiqueteuse, trieuse pondérale, mise en carton, palettisation : une seule de ces machines qui s’arrête, et toute la ligne s’arrête.

Une ligne de conditionnement : six machines, un seul fluxQuand tout tourne, la ligne produitL'étiqueteuse s'arrête : toute la ligne s'arrêteRemplisseuseRemplisseusearrêtée :convoyeur pleinOperculeuseOperculeusearrêtée :convoyeur pleinÉtiqueteuseÉtiqueteuseen panneTrieusepondéraleTrieusepondéralearrêtée :plus rien n'arriveMise encartonMise encartonarrêtée :plus rien n'arrivePalettisationPalettisationarrêtée :plus rien n'arriveLe TRS se mesure sur la ligne entière : c'est elle qui produit, ou pas.Une ligne de conditionnement : sixmachines, un seul fluxQuand tout tourne,la ligne produitL'étiqueteuse s'arrête :toute la ligne s'arrêteRemplisseusearrêtée :convoyeur pleinOperculeusearrêtée :convoyeur pleinÉtiqueteuseÉtiqueteuseen panneTrieusepondéralearrêtée :plus rien n'arriveMise encartonarrêtée :plus rien n'arrivePalettisationarrêtée :plus rien n'arriveLe TRS se mesure sur la ligne entière :c'est elle qui produit, ou pas.
La ligne de conditionnement de l'atelier d'exemple. Les six machines sont reliées par des convoyeurs, sans grand stock entre elles : quand l'étiqueteuse s'arrête, celles d'avant n'ont plus de place où poser leurs produits, celles d'après n'en reçoivent plus. C'est pourquoi on mesure le TRS de la ligne entière, et pas machine par machine.

C’est donc là que se mesure le : le temps utile de la ligne rapporté au temps où elle aurait dû produire (norme ). Pour bien le lire, on le décompose en trois taux :

  • la disponibilité, que mangent les pannes, les changements de format et les nettoyages ;
  • la performance, que mangent les (un film qui se déchire, un pot couché, une étiquette mal prise) et la cadence réduite ;
  • la qualité, que mangent les de démarrage, les emballages mal fermés et les produits refusés par la trieuse.
Le TRS d'une ligne de conditionnement, une journée de l'atelier d'exempleOuverture840 minTemps requis750 min− 90 min : arrêts planifiés, hors TRSpauses 60 · réunion d'équipe 30Fonctionnement600 min− 150 min : disponibiliténettoyages 75 · changements de format 45 · pannes 30Temps net540 min− 60 min : performancemicro-arrêts 42 · cadence réduite 18Temps utile513 min− 27 min : qualitérebuts de démarrage 15 · emballages refusés 12Disponibilité 600 ÷ 750 = 80 % · Performance 540 ÷ 600 = 90 % · Qualité 513 ÷ 540 = 95 %TRS = 80 % × 90 % × 95 % = 68,4 %, soit 513 ÷ 750Atelier d'exemple, deux équipes de 7 heures. En gris, ce que chaque perte retire à la barre du dessus.Le TRS d'une ligne de conditionnement,une journée de l'atelier d'exempleOuverture840 minTemps requis750 min− 90 min : arrêts planifiés, hors TRSpauses 60 · réunion d'équipe 30Fonctionnement600 min− 150 min : disponibiliténettoyages 75 · changements de format 45 ·pannes 30Temps net540 min− 60 min : performancemicro-arrêts 42 · cadence réduite 18Temps utile513 min− 27 min : qualitérebuts de démarrage 15 · emballages refusés 12Disponibilité 600 ÷ 750 = 80 %Performance 540 ÷ 600 = 90 %Qualité 513 ÷ 540 = 95 %TRS = 80 % × 90 % × 95 % = 68,4 %,soit 513 ÷ 750Atelier d'exemple, deux équipes de 7 heures.En gris, ce que chaque perte retire à la barredu dessus.
Une journée de la ligne de conditionnement dans l'atelier d'exemple. On part du temps d'ouverture et on retire les arrêts planifiés : il reste le temps requis, la base du TRS. Puis chaque marche retire une famille de pertes, et chacune donne un taux : les arrêts la disponibilité, les ralentissements la performance, les rebuts la qualité. Le produit des trois taux est le TRS.

Sur une ligne de conditionnement, les micro-arrêts pèsent souvent plus lourd qu’on ne le croit, parce que personne ne les note : ils durent quelques secondes et l’opérateur relance. Les compter une semaine suffit en général à changer les priorités.

Le TRS de votre ligne, à partir de vos temps et de vos quantités : le calcul du TRS. La méthode complète : le guide du TRS.

Nettoyages et changements de recette : le SMED adapté à l’hygiène

Shigeo Shingo a inventé le pour réduire le temps de changement d’outil des presses. Sa méthode tient en une idée : séparer ce qui se fait machine arrêtée de ce qui peut se faire pendant qu’elle tourne, puis réduire les deux.

Dans une usine agroalimentaire, elle s’applique aux changements de format et aux nettoyages, avec une règle de plus : on ne raccourcit jamais une étape de nettoyage validée par le plan d’hygiène. On gagne du temps autour d’elle :

  • préparer le chariot de nettoyage, les pièces de rechange et le film du format suivant avant l’arrêt ;
  • démonter plus vite : moins de vis, des fixations rapides, des pièces repérées par couleur ;
  • travailler à deux sur les tâches qui peuvent se faire en parallèle ;
  • standardiser l’ordre des gestes et le vérifier par une liste courte, signée.
SMED d'un changement de format : on gagne autour du nettoyage, jamais sur luiAvant : 90 min de ligne arrêtée, une seule personnechercher10 mindémonter15 minnettoyage validé30 minremonter, régler20 minessais15 minAprès : 58 min de ligne arrêtée, deux personnespréparer10 mindémonter10 mindémonter10 minnettoyage validé30 mininchangée : plan d'hygièneremonter10 minremonter10 minessais8 minessais8 mindébut de l'arrêtligne arrêtéepréparé ligne en marchenettoyage validé par le plan d'hygièneAtelier d'exemple, chiffres imaginaires : 32 minutes rendues à la ligne à chaque changement, sans toucher au nettoyage.SMED d'un changement de format : ongagne autour du nettoyage, jamaissur luiAvant : 90 min de ligne arrêtée, une seulepersonnechercher · 10 mindémonter · 15 minnettoyage validé · 30 minremonter, régler · 20 minessais · 15 minAprès : 58 min de ligne arrêtée, deuxpersonnespréparer · 10 mindémonter · 10 min, à deuxnettoyage validé · 30 mininchangée : plan d'hygièneremonter · 10 min,à deuxessais · 8 min,à deuxdébut de l'arrêtligne arrêtéepréparé ligne en marchenettoyage validé par le plan d'hygièneAtelier d'exemple, chiffres imaginaires : 32minutes rendues à la ligne à chaquechangement, sans toucher au nettoyage.
Un changement de format sur la ligne de l'atelier d'exemple, avant et après un chantier SMED. Chercher le film et les pièces sort de l'arrêt : c'est préparé pendant que la ligne tourne. Le démontage et le remontage se font à deux, avec des fixations rapides et des repères, et les essais raccourcissent. Le nettoyage validé, lui, garde ses 30 minutes.

Ordonner les fabrications pour nettoyer moins

Le nettoyage le plus court est celui qu’on n’a pas besoin de faire. Ordonner les fabrications de la journée, du produit le plus neutre au plus chargé, du sans allergène à celui qui en contient, supprime une partie des nettoyages complets. Le règlement n° 1169/2011 fixe la liste des allergènes à déclarer ; votre plan de maîtrise sanitaire dit quels enchaînements exigent un nettoyage complet.

Six recettes dans la même journée : l'ordre décide du nombre de nettoyagesChocolat1Nature2Pralinéallergène3Vanille4Chocolatnoisetteallergène5Caramel6Avant : les recettes dans le désordre, 6 nettoyages completsNatureVanilleCaramelChocolatChocolatnoisetteallergènePralinéallergène1Après : du plus neutre au plus chargé, 1 nettoyage complet et 5 changements courts2 h 55 de lignelibéréesnettoyage complet, 45 minchangement court, 10 minrecette avec allergène : fruits à coqueAtelier d'exemple : six recettes de 110 min. Quels enchaînements exigent un nettoyage complet,c'est votre plan de maîtrise sanitaire qui le dit, pas ce schéma.Six recettes dans la même journée :l'ordre décide du nombre de nettoyagesAvant : les recettes dans le désordre,6 nettoyages completsAprès : du plus neutre au plus chargé,1 nettoyage complet et 5 changements courtsAvantAprèsChocolat1Nature2Pralinéallergène3Vanille4Chocolat noisetteallergène5Caramel6NatureVanilleCaramelChocolatChocolat noisetteallergènePralinéallergène12 h 55 de lignelibéréesnettoyage complet, 45 minchangement court, 10 minrecette avec allergène : fruits à coqueAtelier d'exemple : six recettes de 110 min.Quels enchaînements exigent un nettoyagecomplet, c'est votre plan de maîtrisesanitaire qui le dit, pas ce schéma.
Deux façons d'enchaîner les six mêmes recettes dans l'atelier d'exemple. Dans le désordre, chaque enchaînement exige un nettoyage complet. Rangées du plus neutre au plus chargé, avec les recettes aux fruits à coque en fin de journée, la plupart des enchaînements se contentent d'un changement court, et un seul nettoyage complet ferme la journée.

Le prix de cet ordre, c’est de fabriquer par séries plus longues, donc avec plus de stock. Le bon compromis se calcule avec les ventes réelles, pas avec la cadence de la ligne.

Le sur-remplissage : la matière qu’on donne sans le savoir

Une remplisseuse ne met jamais exactement le même poids. Pour être sûr de ne pas vendre de sachet trop léger, on la règle au-dessus du poids annoncé. Cette marge est souvent fixée une fois pour toutes, à l’oreille, et personne ne la revoit. Or elle se paie à chaque unité, toute l’année.

Ce que dit la règle

Pour les préemballages à quantité constante, le décret n° 78-166 du 31 janvier 1978 fixe trois exigences, qui valent par lot :

  1. La moyenne du lot doit être au moins égale au poids annoncé (article 4).
  2. La proportion de défectueux doit rester faible. Est défectueux un emballage dont le manque dépasse l’erreur tolérée du tableau de l’article 4, par exemple 15 g pour un emballage de 500 g à 1 kg. La DGCCRF précise qu’en pratique, il ne faut pas dépasser 2 %.
  3. Aucun emballage dont le manque dépasse deux fois l’erreur tolérée ne peut porter le signe ℮ (article 5).

Ces règles ont une conséquence que l’on oublie souvent : c’est la du remplissage qui fixe le poids moyen dont vous avez besoin, pas le poids annoncé. Plus les poids sont serrés, plus la moyenne peut descendre près de l’étiquette sans risque.

Les deux leviers

  • Régler la moyenne au plus juste. À égale, on calcule la moyenne la plus basse qui garde le lot au-dessus du poids annoncé et sous 2 % de défectueux, on y ajoute la marge choisie dans votre plan d’, et on y règle la machine. Ce levier ne coûte presque rien.
  • Réduire la dispersion. C’est un travail de maîtrise du procédé : stabilité de la densité du produit, réglage et entretien du doseur, sur le poids. C’est le terrain de la mesure et de la capabilité.
Le poids des sachets de 500 g de l'exemple, aujourd'hui et après chaque leviersuper-défectueux 470 gseuil défectueux 485 gannoncé 500 g460470480490500510520530540poids d'un sachet, en grammesAujourd'hui : 514,3 g, écart-type 8,6 gLevier 1 : 502,6 g, écart-type 8,6 gLevier 2 : 501,0 g, écart-type 4,3 gExemple imaginaire du guide. Courbes de la loi normale, à l'échelle : même surface, donc plus haute quand elle est plus étroite.Le poids des sachets de 500 g del'exemple, aujourd'hui et aprèschaque leviersuper-défectueux 470 gseuil défectueux 485 gannoncé 500 g460470480490500510520530540poids d'un sachet, en grammesAujourd'hui : 514,3 g, écart-type 8,6 gLevier 1 : 502,6 g, écart-type 8,6 gLevier 2 : 501,0 g, écart-type 4,3 gExemple imaginaire du guide. Courbes de la loinormale, à l'échelle : même surface, donc plushaute quand elle est plus étroite.
Les trois réglages de l'exemple chiffré ci-dessous, sur le même axe des grammes. Le levier 1 déplace la courbe vers la gauche sans changer sa forme : sa queue gauche vient près du seuil des défectueux, et c'est ce seuil qui dit jusqu'où l'on peut descendre. Le levier 2 resserre la courbe : plus étroite, elle peut se placer presque sur le poids annoncé sans sortir des règles.

Faites le calcul avec les pesées d’un de vos lots : le calcul du sur-remplissage. Il dit si le lot respecte les règles, combien de matière vous donnez par an, et ce que rapporte chacun des deux leviers.

Un exemple chiffré

Prenons un atelier imaginaire, qui conditionne des sachets de 500 g : 12 000 sachets par jour, 220 jours par an, une matière à 6 € le kilo. Trente sachets pesés donnent une moyenne de 514,3 g et un de 8,6 g.

Moyenne visée Matière donnée par an Coût par an
Aujourd’hui 514,3 g 37,9 tonnes 227 198 €
Levier 1 : moyenne réglée au plus juste 502,6 g 6,8 tonnes 40 585 €
Levier 2 : en plus, divisée par deux 501,0 g 2,6 tonnes 15 840 €

Le lot est conforme aujourd’hui : il n’y a donc aucun problème réglementaire à résoudre, seulement de l’argent à récupérer. Dans cet exemple, régler la moyenne au plus juste rapporte 186 613 € par an ; réduire en plus la dispersion de moitié en ajoute 24 745. Ces chiffres sont ceux d’un exemple : les vôtres dépendent de vos pesées, de votre cadence et de votre matière.

La matière perdue et les produits périmés

La matière perdue ne se voit pas sur une ligne de . Elle se trouve dans les fonds de cuve, les purges au démarrage, les produits jetés après un nettoyage, les invendus qui atteignent leur date limite. Le la traite comme les autres pertes : on la mesure par endroit et par cause, on s’attaque à la plus grosse, et on vérifie le gain par le même calcul avant et après.

La matière perdue de l'atelier d'exemple, rangée par causetonnes / ancumul010203025 %50 %75 %100 %14 tInvenduspérimés9 tPurges audémarrage6 tFondsde cuve3 tProduit jetéaprès nettoyage2 tCasse41 %68 %85 %94 %100 %Les deux premières causes font 68 % de la matière perdue : c'est par elles qu'on commence.Exemple imaginaire : 34 tonnes perdues par an. Chez vous, l'ordre peut être tout autre.La matière perdue de l'atelierd'exemple, rangée par causetonnes / ancumul010203025 %50 %75 %100 %14 tInvenduspérimés9 tPurges audémarrage6 tFondsde cuve3 tProduit jetéaprès nettoyage2 tCasse41 %68 %85 %94 %100 %Les deux premières causes font 68 % de lamatière perdue : c'est par ellesqu'on commence.Exemple imaginaire : 34 tonnes perdues par an.Chez vous, l'ordre peut être tout autre.
La matière perdue de l'atelier d'exemple, mesurée par cause pendant un an et rangée de la plus grosse à la plus petite : c'est un diagramme de Pareto. La courbe dit quelle part des pertes on couvre en s'attaquant aux premières causes.

Les produits périmés posent une question de flux plus que de fabrication. Fabriquer selon la demande réelle plutôt que pour remplir la ligne, raccourcir les séries quand les nettoyages le permettent, sortir les stocks dans l’ordre d’entrée : ce sont les outils classiques du , appliqués à un produit qui a une date.

5S et hygiène : le même combat

Le (trier, ranger, nettoyer, standardiser, faire tenir) a mauvaise réputation dans certaines usines, parce qu’il ressemble à du rangement. En agroalimentaire, il rejoint directement le plan d’hygiène : un outil qui a sa place repérée n’est pas posé sur un convoyeur, un poste dégagé se nettoie plus vite et mieux, un standard affiché est un standard qu’un auditeur peut vérifier.

Une précaution : les supports du 5S (marquages, panneaux, rangements) doivent eux-mêmes respecter les règles d’hygiène de la zone. On choisit des matériaux lavables, sans bois ni carton en zone de fabrication, et on valide les choix avec le responsable qualité avant de les poser.

Les remplisseuses qui tiennent : la TPM

Seiichi Nakajima a décrit la comme une maintenance faite par tous, opérateurs compris. Sur une ligne de conditionnement, elle commence par des gestes simples : nettoyer en inspectant, repérer les fuites, les jeux et les usures, resserrer ce qui se desserre, et noter ce qu’on a vu. Les pannes qui reviennent viennent souvent de petites dégradations que personne n’a signalées.

Les erreurs fréquentes

  • Copier un chantier vu dans la mécanique sans tenir compte du plan d’hygiène.
  • Mesurer le de chaque machine de la ligne séparément, alors que c’est la ligne entière qui produit.
  • Ne pas compter les , parce qu’ils sont courts.
  • Garder une marge de remplissage historique que personne n’a recalculée depuis le changement de doseur ou de recette.
  • Réduire le poids moyen sans réduire la : on gagne de la matière, puis on se met en défaut au premier lot plus irrégulier.

Par où commencer

  1. Repérer la ligne qui limite la production, et mesurer son sur une semaine ordinaire, compris.
  2. Peser trente emballages d’un lot sur votre ligne principale, et faire le calcul du sur-remplissage.
  3. Filmer un changement de format ou un nettoyage, et séparer ce qui peut se préparer avant l’arrêt.
  4. Choisir une seule de ces pertes, la retirer avec l’équipe, et refaire la même mesure après.
Par où commencer : trois mesures, puis un seul chantier1. Mesurerle TRS de la lignequi limite, une semaine,micro-arrêts compris2. Pesertrente emballagesd'un lot, puis calculerle sur-remplissage3. Filmerun changement de formatou un nettoyage, et trierce qui se prépare avant4. Retirerune seule perte, avecl'équipe, puis refairela même mesurepuis la perte suivante, avec la même mesure avant et aprèsPar où commencer : trois mesures, puisun seul chantier1. Mesurerle TRS de la ligne qui limite, unesemaine, micro-arrêts compris2. Pesertrente emballages d'un lot, puiscalculer le sur-remplissage3. Filmerun changement de format ou unnettoyage, et trier ce qui se prépareavant4. Retirerune seule perte, avec l'équipe, puisrefaire la même mesurepuis la perte suivante, avec la même mesureavant et après
Les quatre étapes, dans l'ordre. Les trois premières mesurent ; la quatrième agit sur une seule perte, et se vérifie par la même mesure qu'au départ. Ensuite, on recommence avec la perte suivante.

Si vous voulez le faire avec quelqu’un qui l’a déjà fait, tout commence par l’audit de l’atelier.

Sources

Questions fréquentes

Le Lean est-il adapté à l'agroalimentaire ?

Oui. Ses principes ne dépendent pas du produit : faire avancer le flux sans attente et retirer les pertes. Ce qui change, ce sont les endroits où regarder : la ligne de conditionnement, les nettoyages, le poids et la matière perdue, toujours dans le respect du plan d'hygiène.

Où mesurer le TRS dans une usine agroalimentaire ?

Sur la ligne qui limite la production, souvent la ligne de conditionnement, prise en entier : remplisseuse, operculeuse, étiqueteuse, trieuse et mise en carton. Une seule machine arrêtée arrête la ligne.

Qu'est-ce que le sur-remplissage ?

La matière mise au-dessus du poids annoncé pour ne pas vendre d'emballage trop léger. Elle est donnée au client à chaque unité. La du remplissage fixe la moyenne nécessaire : plus les poids sont serrés, plus on peut régler près de l'étiquette.

Que faut-il respecter pour porter le signe ℮ ?

Par lot : une moyenne au moins égale au poids annoncé, peu de défectueux (en pratique 2 % au plus selon la DGCCRF), et aucun emballage dont le manque dépasse deux fois l'erreur tolérée (décret n° 78-166, articles 4 et 5).

Peut-on raccourcir un nettoyage avec le SMED ?

On ne raccourcit jamais une étape validée par le plan d'hygiène. On gagne autour d'elle : préparer avant l'arrêt, démonter plus vite, travailler à deux, et ordonner les fabrications pour avoir moins de nettoyages complets.

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