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Guide · TRS

Le TRS : savoir où partent les heures de votre machine

Le taux de rendement synthétique dit quelle part du temps de votre machine a vraiment produit des pièces bonnes. Le chiffre seul ne sert à rien : ce sont les pertes derrière lui qui disent quoi faire.

Par Dimitri Jacquin, le , mis à jour le

Ce que mesure le TRS

Le TRS compare deux durées : le temps pendant lequel la machine devait produire, et le temps qu’il aurait fallu pour fabriquer les seules pièces bonnes à la cadence prévue. Un TRS de 70 % veut dire que 30 % du temps requis s’est perdu quelque part.

Le TRS mesure la machine, jamais les personnes. Il sert à trouver les pertes et à les retirer, pas à juger une équipe.

La décomposition des temps

La norme française NF E60-182 découpe le temps en quatre étages :

  • Temps requis : le temps d’ouverture, moins les arrêts planifiés (pauses, maintenance prévue, absence de commande).
  • Temps de fonctionnement : le temps requis, moins les arrêts subis (pannes, changements de série et réglages).
  • Temps net : les pièces produites, divisées par la cadence théorique. C’est le temps qu’il aurait fallu en tournant à pleine vitesse, sans micro-arrêt.
  • Temps utile : les pièces bonnes, divisées par la cadence théorique.

Trois taux en découlent, et le TRS est leur produit :

  • Disponibilité = temps de fonctionnement / temps requis ;
  • Performance = temps net / temps de fonctionnement ;
  • Qualité = temps utile / temps net ;
  • TRS = disponibilité × performance × qualité = temps utile / temps requis.

Le TRG fait le même calcul sur le temps d’ouverture tout entier : il intègre aussi les arrêts planifiés.

Les six grandes pertes

Chaque taux cache deux pertes. Ce sont elles qui disent où agir.

  • Disponibilité : les pannes, et les changements de série et réglages.
  • Performance : les micro-arrêts, ces arrêts de quelques secondes ou minutes que personne ne note, et la sous-vitesse, quand la machine tourne moins vite que sa cadence théorique.
  • Qualité : les rebuts et retouches, et les pertes au démarrage, les pièces mauvaises le temps que le procédé se stabilise.

Un exemple

Une machine ouverte 8 heures, avec 30 minutes de pause : 7,5 heures de temps requis. Elle tombe en panne 30 minutes et passe 30 minutes en changement de série : 6,5 heures de fonctionnement. Sa cadence théorique est de 60 pièces par heure ; elle en produit 330, dont 315 bonnes.

  • Temps net = 330 / 60 = 5,5 h ; temps utile = 315 / 60 = 5,25 h.
  • Disponibilité = 6,5 / 7,5 = 86,7 % ;
  • Performance = 5,5 / 6,5 = 84,6 % ;
  • Qualité = 5,25 / 5,5 = 95,5 % ;
  • TRS = 5,25 / 7,5 = 70 %.

Il s’est perdu 2,25 heures sur 7,5. La performance pèse autant que les pannes et le changement de série réunis : une heure entière disparaît en micro-arrêts et en sous-vitesse, sans qu’aucun arrêt n’ait été noté.

Les pièges courants

  • Une cadence théorique sous-estimée. Prendre la cadence « habituelle » plutôt que celle de la machine gonfle la performance et cache la sous-vitesse.
  • Des micro-arrêts oubliés. Ils ne figurent sur aucune feuille de production : seul un relevé au poste les montre.
  • Un TRS moyen sur plusieurs machines. La moyenne masque la machine qui bloque tout le flux. Suivez d’abord le TRS du goulot.
  • Le chiffre sans les pertes. Un TRS affiché seul ne dit pas quoi faire ; le classement des six pertes, si.

Sources

  • NF E60-182, décomposition des temps et indicateurs de performance des moyens de production, AFNOR.
  • ISO 22400-2, indicateurs clés de performance pour la gestion des opérations de fabrication, Organisation internationale de normalisation.
  • Introduction to TPM: Total Productive Maintenance, Seiichi Nakajima, Productivity Press, 1988.

Questions fréquentes

Quelle différence entre TRS et TRG ?

Le TRS rapporte le temps utile au temps requis, hors arrêts planifiés. Le TRG le rapporte au temps d'ouverture tout entier : il dit aussi combien coûtent les pauses, la maintenance prévue ou le manque de commandes.

Où trouver la cadence théorique ?

Dans les données du constructeur ou dans la meilleure cadence démontrée sur la pièce. Pas dans la cadence habituelle : elle contient déjà la sous-vitesse que le TRS doit montrer.

Faut-il mesurer le TRS de toutes les machines ?

Non. Commencez par le goulot, la machine qui limite la sortie de l'atelier : une heure gagnée sur le goulot est une heure gagnée pour toute l'usine.

Le calculateur garde-t-il mes chiffres ?

Non. Le calcul se fait à la demande et rien n'est conservé : ni les temps, ni le résultat, ni le rapport.

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